Sylvie et Eric Miquel

Sylvie et Eric Miquel sont maraîchers bio à Merindol (84). Agriculteurs depuis 1983, ils ont converti leur exploitation en bio depuis 2004. Ils cultivent, sur 7 ha, ail, oignon, poireau, courge muscade, potimarron, courgette, épinard, navet, melon, petits pois… Leurs productions sont contrôlées et certifiées par Ecocert.

Interview

  • 1. Présentez-nous votre exploitation :

    Nous faisons du maraichage de plein champ sur 7 ha. Nos sols riches argilo-calcaires donnent de bons rendements et permettent des cultures variées et donc de bonnes rotations. Les terres fraiches permettent la culture de la salade en été. Nous n’avons aucun problème de voisinage avec le conventionnel. C’est un bel environnement dans la vallée de la Durance, au pied de la montagne du Lubéron.

  • 2. Pourquoi avez-vous choisi d’être agriculteur ?

    C’est une passion. Etre passionné est une condition indispensable pour faire ce métier parfois difficile mais qui nous apporte une certaine liberté. C’est vivant, jamais pareil, le contraire de la routine. Même s’il y a des imprévus liés au climat, surtout en plein champ, nous n’en sommes pas moins véritablement acteurs et responsables de la qualité obtenue grâce à beaucoup de vigilance et d’anticipation dans le suivi des cultures au quotidien.

  • 3. Quelles raisons vous ont conduit à passer en agriculture biologique ?

    Nous avons été agriculteurs en conventionnel de 1983 à 1998. Nous avons dû arrêter en 1998 car nous ne pouvions pas vivre décemment de notre travail déjà à l’époque plutôt traditionnel et respectueux de l’environnement. Lorsque nous avons décidé de reprendre cette activité en 2004, nous savions que nous aurions des débouchés et une valorisation assurés par ProNatura et que nous n’aurions plus qu’à concentrer nos efforts sur la seule production. Le fait d’adopter le mode de production biologique, amène le producteur à s’impliquer plus dans l’agronomie (anticipation, vigilance, observation, réflexion, réactivité) et à privilégier la biodiversité et les rotations.

  • 4. Comment s’est passée la période de conversion ? (les étapes, les difficultés, le regard des autres, la commercialisation…)

    Nous avons repris notre activité sur des terres en jachère et avons été de suite certifiés en bio. Les terres reconverties par la suite ont été laissées en jachère pendant 2 ans et ont reçu des engrais verts. Le regard des autres est plutôt respectueux et curieux. La commercialisation est facile grâce au travail de planification avec ProNatura : nous produisons ce qui est vendu.

  • 5. Parlez-nous de ce que l’agriculture biologique a changé pour vous, dans vos pratiques, dans votre façon de penser, dans votre vie.

    Ce mode de production nous a amenés à plus réfléchir et anticiper car il n’existe pour ainsi dire pas de moyens curatifs. Nous avons souvent beaucoup de satisfaction sur la qualité de nos productions en termes de qualité gustative, conservation, qualité visuelle et même rendements. La rémunération est cette fois au rendez-vous sur le marché bio et notre client a la notion des coûts de production et de la valeur des produits.

  • 6. A quoi êtes-vous particulièrement attentif dans votre activité ? (sol, biodiversité, auxiliaires…) ? Pourquoi ?

    Nous veillons tout particulièrement à l’équilibre et la protection du sol. Nous effectuons des analyses chaque année et faisons nos apports d’amendements et engrais verts en fonction. Une même culture ne revient pas sur la même parcelle avant 4 ou 5 ans. Nous faisons régulièrement des essais avant de lancer de nouvelles cultures entrant dans les rotations. Pour les sols : nous décompactons et ne faisons pas de labours trop profonds. Un gel sur labour assainit, assouplit et aère le sol. Nous favorisons la présence d’animaux auxiliaires grâce à l’entretien de haies composites, prairies, plantes mellifères.

  • 7. Vous avez choisi d’adhérer à Mediterrabio. En quoi Mediterrabio est importante pour vous ?

    Méditerrabio est un moyen d’échanger techniquement avec d’autres producteurs avec lesquels nous pouvons harmoniser les pratiques. C’est également un moyen de communiquer et d’être transparents sur nos pratiques vis-à-vis des détaillants et des consommateurs, d’être donc connus et, nous l’espérons, reconnus.

  • 8. En tant que paysan et membre de Mediterrabio, que souhaitez-vous dire aux consommateurs ?

    Les consommateurs peuvent compter sur nous et nous faire confiance dans notre volonté de leur produire des légumes sains et bons.

  • 9. Qu’attendez-vous des consommateurs ? Quels retours attendez-vous du consommateur et par quel biais ?

    Que la qualité de nos productions soit conforme à leurs attentes et qu’ils nous le fassent savoir. Qu’ils souhaitent s’informer, correspondre, nous donner un retour qualité (même quand tout va bien), nous orienter sur leur demande (site mediterrabio, visites…)