Serge Fluet

Serge Fluet est maraîcher et arboriculteur bio à Tarascon (13). Agriculteur depuis 1989, il a converti son exploitation à l’agriculture biologique en 2008 (en conversion).  Contrôlé et certifié par Qualité France, il cultive en hiver : salades, épinard, blette et au printemps/été : artichauts, melons, courgettes, abricots, pastèque sur une surface de 2.5 ha de serre et 12ha de plein champ.

Interview

  • 1. Présentez-nous votre exploitation :

    Elle est située dans la plaine du Rhône, à mi-chemin entre Arles et Tarascon. Elle a été créée en 1989. Son activité est essentiellement maraichère (sous abri et en plein champ) avec un peu de céréales et 1,5 ha d’abricotiers.

  • 2. Pourquoi avez-vous choisi d’être agriculteur?

    J’ai choisi d’être agriculteur par passion pour la terre et la production maraichère. Je ne suis pas issu d’une famille d’agriculteurs. Ça a été pour moi un choix délibéré.

  • 3. Quelles raisons vous ont conduit à passer en en agriculture biologique ?

    Les raisons qui m’ont conduit à ce choix sont économiques ; l’agriculture conventionnelle ne permet plus de vivre de ce métier, surtout sur des exploitations telles que la mienne.

  • 4. Comment s’est passée la période de conversion ? (les étapes, les difficultés, le regard des autres, la commercialisation…)

    La conversion est une phase difficile, elle se fera en deux étapes : la première se terminera en mai 2010, l’autres moitié en juin 2011. Les difficultés à produire existent : absence de produits phytosanitaires, de certaines variétés (semences traitées). Il faut un temps d’adaptation et un peu d’expérience pour faire face à tout cela.
    Le regard des autres m’indiffère, chacun y va de son petit commentaire, mais personne ne connait réellement les règles et les enjeux de la bio. La commercialisation est compliquée car les négociants n’acceptent pas forcément les produits en conversion. Et vendre cette production sur le marché conventionnel a peu d’intérêt économique.

  • 5. Parlez-nous de ce que l’agriculture biologique a changé pour vous, dans vos pratiques, dans votre façon de penser, dans votre vie.

    L’agriculture biologique a changé ma façon de produire. Je ne fais plus de monoculture, mais de la diversification. On raisonne différemment autour d’un problème technique et des calendriers de production.

  • 6. A quoi êtes-vous particulièrement attentif dans votre activité ? (sol, biodiversité, auxiliaires…) ? Pourquoi ?

    Il faut beaucoup d’observation et être prévenant car l’on ne dispose plus de produits curatifs. Veiller à la rotation des cultures et au maintien des auxiliaires (mise en place et entretien de haies pour les abriter).

  • 7. Vous avez choisi d’adhérer à Mediterrabio. En quoi Mediterrabio est importante pour vous ?

    Adhérer à un groupe de producteurs et de commerçant (ProNatura) qui ont de l’expérience dans le domaine de la bio. Partager les mêmes valeurs.

  • 8. En tant que paysan et membre de Mediterrabio, que souhaitez-vous dire aux consommateurs ?

    Je souhaiterais leur dire de faire l’effort d’acheter Bio, mais surtout local car cela aide à protéger l’environnement et c’est la seule façon de maintenir les producteurs locaux en activité.

  • 9. Qu’attendez-vous des consommateurs ? Quels retours attendez-vous du consommateur et par quel biais ?

    J’en attends une prise de conscience des difficultés que nous rencontrons au quotidien pour produire et vendre à un prix rémunérateur notre production. Pour cela, il faut aussi que les commerçants en produits bio fassent l’effort d’acheter des produits locaux et qu’ils les mettent en avant même si cela doit se faire au détriment des produits d’importation.