Paul Pampalone

Paul Pampalone est maraîcher bio à Saint Martin de Crau (13). Agriculteur depuis 1987, il a converti son exploitation en bio en 2007. Il y cultive tomates, salades et melons, productions qui sont contrôlés et certifiés par Ecocert.

Interview

  • 1. Présentez-nous votre exploitation :

    Il s’agit d’une exploitation en cultures maraîchères sous abris froids, composée de 30 tunnels d’une superficie totale de 18300 m2.

  • 2. Pourquoi avez-vous choisi d’être agriculteur?

    J’ai travaillé pendant 8 ans dans l’industrie, puis 4 ans en tant que dessinateur projeteur dans une entreprise qui élaborait des systèmes de sécurité des plate-formes pétrolières offshore. Ensuite 4 ans dans une entreprise de robinetterie industrielle en tant que responsable du bureau d’études, puis, suite au dépôt de bilan de cette dernière j’ai décidé de m’installer à mon compte, en tant que maraîcher, domaine que je maîtrisais le mieux grâce à mon oncle maraîcher que je suivais depuis plusieurs années et aussi parce que j’ai toujours été attiré, depuis mon plus jeune âge, par la nature et la vie à la campagne.

  • 3. Quelles raisons vous ont conduit à passer en en agriculture biologique ?

    Depuis 1987, j’ai produit des salades, des courgettes et des concombres en agriculture raisonnée en respectant un cahier des charges strict, en traitant le moins possible et en utilisant depuis plusieurs années des amendements utilisables en agriculture biologique. Conscient des limites de l’agriculture intensive au niveau de la fatigue des sols et que l’agriculture conventionnelle offre peu de possibilités, notamment économiques, pour pratiquer un assolement, j’ai préféré me reconvertir en agriculture biologique pour régénérer mon sol et produire des légumes sans pesticides ni produits chimiques.

  • 4. Comment s’est passée la période de conversion ? (les étapes, les difficultés, le regard des autres, la commercialisation…)

    Très difficile au niveau financier car il faut produire bio et vendre en conventionnel ou ne pas produire du tout pendant 2 ans, ce qui impose de bien préparer sa reconversion au niveau de la gestion financière de l’exploitation.
    Il faut apprendre à produire bio en s’informant auprès des organismes agricoles ( GRAB, Chambre d’agriculture, techniciens bio, etc.)
    Il faut apprendre à raisonner « Bio », changer ses pratiques culturales, rotations, assolement, protection phytosanitaire, fertilisation, irrigation, etc.
    Il ne faut pas tenir compte d’éventuelles critiques de notre voisinage, croire à ce que l’on fait et aller au bout de nos convictions sans jamais baisser les bras.
    Le plus important avant même de produire est de trouver son réseau de commercialisation avec lequel il faudra travailler en étroite collaboration afin de mettre en place des cultures qui pourront être commercialisées dans de bonnes conditions.

  • 5. Parlez-nous de ce que l’agriculture biologique a changé pour vous, dans vos pratiques, dans votre façon de penser, dans votre vie.

    Grâce à l’agriculture biologique j’ai complètement changé mes méthodes culturales.
    Il faut désormais penser et raisonner « Bio ».
    Il faut prévoir les rotations, l’assolement, comment protéger la culture que l’on va mettre en place contre les adventices, les prédateurs, les maladies etc.
    Avant toute culture, il faut calculer sa fertilisation en fonction des ses besoins.
    Il faut gérer au mieux l’irrigation pour éviter le stress hydrique de la plante, afin de ne pas provoquer de maladies racinaires ou foliaires.
    Le fait de produire Bio, de mettre à la disposition des consommateurs des produits sains, les plus naturels possible, sans pesticides ni produits chimiques, de contribuer à la protection de l’environnement, est très revalorisant pour l’exploitant.

  • 6. A quoi êtes-vous particulièrement attentif dans votre activité ? (sol, biodiversité, auxiliaires…) ? Pourquoi ?

    Le plus important est la préservation du sol. En choisissant les outils les mieux adaptés pour améliorer sa structure, et par le choix des amendements pour développer la vie microbienne et la fertilité.
    Fini le désherbage systématique : partout où c’est possible, on laisse se développer une végétation où viennent s’abriter des ravageurs et des auxiliaires pour qu’un équilibre biologique se crée naturellement.
    On contribue, notamment par l’élimination des déchets plastiques, au respect de l’environnement.

  • 7. Vous avez choisi d’adhérer à Mediterrabio. En quoi Mediterrabio est importante pour vous ?

    L’adhésion à un groupement de producteurs permet de rompre sa solitude et de partager avec les autres membres son expérience, de trouver ensemble des solutions aux différents problèmes que l’on peut rencontrer.
    Cela permet aussi de mieux organiser et planifier une production qui corresponde au mieux aux attentes des consommateurs.

  • 8. En tant que paysan et membre de Mediterrabio, que souhaitez-vous dire aux consommateurs ?

    Je veux dire aux consommateurs que grâce aux différents échanges que l’on peut avoir avec les autres producteurs, les techniciens, les commerciaux, je mets tout en œuvre pour essayer d’avoir des produits d’une qualité nutritive et gustative la meilleure possible et d’une qualité sanitaire irréprochable. Le fait de manger bio est de nos jours un gage incontestable de sécurité alimentaire car dans l’agriculture conventionnelle et notamment pour les produits importés, il n’est pas rare de constater des dépassements de résidus de pesticides ou de produits phyto qui peuvent nuire à la santé des consommateurs.

  • 9. Qu’attendez-vous des consommateurs ? Quels retours attendez-vous du consommateur et par quel biais ?

    J’attends des consommateurs qu’ils nous fassent confiance et qu’ils achètent nos produits en toute sérénité en étant certains qu’ils sont bons pour leur santé.