Magali Girard

Magali Girard est agricultrice à Entressen (13) où elle cultive des légumes depuis 2001. Elle a converti son exploitation à l’agriculture biologique en 2004. Le contrôle et la cerfication sont réalisés par Ecocert

  

Interview

  • 1. Présentez-nous votre exploitation :

    C’est une exploitation agricole qui est spécialisée dans le maraîchage. C’est une chapelle en verre de 1 ha, créée par mon père en 1980. A l’époque, il faisait des tomates hors sol chauffées.

    Maintenant, je suis en bio et je fais principalement des salades et de la mâche en automne et des courgettes, concombres et tomates au printemps.

  • 2. Pourquoi avez-vous choisi d’être agriculteur?

    J’ai eu l’opportunité de reprendre l’exploitation de mon père après avoir élevé mes 3 enfants.  Je pense que mon fils ainé, qui a 20 ans, prendra la suite lorsqu’il aura fini ses études agricoles.

    Sinon , c’est une passion, j’adore la nature. Et voir mes plantes pousser de jour en jour m’apporte une grande satisfaction .

  • 3. Quelles raisons vous ont conduit à passer en en agriculture biologique ?

    Lorsque j’étais en conventionnel,,je me suis empoisonnée en faisant un traitement, et je me suis dit « qu’est-ce-que tu donnes à tes enfants? » Ca n’allait pas avec mes idéaux, car je soignais mes enfants par homéopathie, mais je ne m’en rendait pas compte. Et là le déclic s’est fait à cause ou grâce à ça .

  • 4. Comment s’est passée la période de conversion ? (les étapes, les difficultés, le regard des autres, la commercialisation…)

    La première année de conversion, j’ai planté des tomates au mois de juin, au 3ème bouquet, j’ai commencé à avoir de l’araignée rouge ;  je n’ai pu commercialiser que le premier bouquet. J’ai eu ma récolte de perdu,  mais je ne me suis pas découragée, malgré le regard des autres paysans. J’ai entendu souvent: : « tu n’auras pas de rendement », « tu n’auras plus rien dans ton sol », je ne te donnes pas 3 ans pour que tu reviennes en conventionnel », etc, .mais ce que je sais, c’est que je ne reviendrai jamais en arrière. Pour la commercialisation, c’est vrai que les années de conversion sont dures mais c’est le prix à payer pour la sérénité .

  • 5. Parlez-nous de ce que l’agriculture biologique a changé pour vous, dans vos pratiques, dans votre façon de penser, dans votre vie.

    L’agriculture biologique m’a apporté la sérénité. Je ne suis plus angoissée de faire mes traitements, je suis plus à l’écoute des plantes. Et elles me le rendent car elles sont bonnes et je suis heureuse de les faire gouter à mes amis, à ma famille…

  • 6. A quoi êtes-vous particulièrement attentif dans votre activité ? (sol, biodiversité, auxiliaires…) ? Pourquoi ?

    Je suis très attentive aux auxiliaires car quelque part, ils travaillent pour nous en se régalant. Il font partie de l’équilibre de la faune et de la flore. J’essaye aussi de faire un maximum de recyclage, car ça va dans le sens du bio. Cette année,  j’ai utilisé de la corde sisal et du paillage biodégradable, mais ces produits sont très chers à utiliser .

  • 7. Vous avez choisi d’adhérer à Mediterrabio. En quoi Mediterrabio est importante pour vous ?

    Je pense que Mediterrabio va pouvoir nous aider à communiquer entre paysans ainsi qu’avec les consommateurs .Cela nous permet aussi de nous démarquer en tant que paysans bio de Provence en ayant une charte.

  • 8. En tant que paysan et membre de Mediterrabio, que souhaitez-vous dire aux consommateurs ?

    Je souhaite dire aux consommateurs que nous faisons le maximum pour qu’ils soient contents de manger nos produits, que ce sont des produits de qualité.

  • 9. Qu’attendez-vous des consommateurs ? Quels retours attendez-vous du consommateur et par quel biais ?

    J’attends que les consommateurs nous disent ce qu’ils pensent de nos produits.