Jacques Vernet

L’exploitation de Jacques Vernet se trouve dans le Gard, sur l’Ile de Miemar. Agriculteur depuis 1973, c’est en 1998 qu’ il a converti ses parcelles en bio (certification par Ecocert). Aujourd’hui, son exploitation représente près de 28 ha et emploie 2 salariés permanents ainsi qu’une dizaine de saisonniers pour les récoltes . Il cultive plusieurs variétés de raisin blanc (Ora, Danlas, Italia) et noir (Cardinal, Muscat, Alphonse Lavallée) et du kiwi. Jacques transforme également une partie de ses fruits en jus de raisin et nectar de kiwi.

Interview

  • 1. Présentez-nous votre exploitation.

    Mes terres sont situées sur une île du Rhône, constituée à partir des alluvions du fleuve. Elles sont formées de 4 parcelles très proches les unes des autres (la plus éloignée est à 300 m). Elles sont toutes entourées de haies de peupliers et de cyprès. J’ai aussi un hangar de 800 m environ avec un frigo, une calibreuse pour le kiwi et une salle de conditionnement.

  • 2. Pourquoi avez-vous choisi d’être agriculteur?

    Ma famille est dans l’agriculture depuis au moins 5 générations et j’aime ce métier, c’est pour ça que je le continue. Mon fils, qui a une vingtaine d’années travaille avec moi. Ce n’est pas l’exploitation familiale, ce sont des terres que j’ai prises moi quand j’ai voulu m’installer.

  • 3. Quelles raisons vous ont conduit à passer en agriculture biologique ?

    Avant d’être en bio, j’utilisais des produits naturels comme le souffre et le cuivre pour traiter, car les produits chimiques ne me plaisaient pas. Et en conventionnel, il n’y a pas de traitements pendant la culture pour le kiwi. J’ai donc pu passer facilement au bio. J’ai aussi choisi d’aller en bio parce que j’en avais marre de travailler avec des grossistes conventionnels qui faisaient beaucoup de volume et nous imposaient des prix catastrophiques.

  • 4. Comment s’est passée la période de conversion ? (les étapes, les difficultés, le regard des autres, la commercialisation…)

    Ça s’est bien passé pendant la conversion parce que je travaillais déjà d’une manière proche. Ça a été plus dur pour la commercialisation au début, surtout pour le raisin blanc. Après, avec la crise de la vache folle, j’ai pu vendre plus facilement. Maintenant, je n’ai plus de problème pour vendre mes productions.

  • 5. Parlez-nous de ce que l’agriculture biologique a changé pour vous, dans vos pratiques, dans votre façon de penser, dans votre vie.

    C’est dans la manière de travailler, je laisse pousser l’herbe entre les ceps, je la tonds, c’est plus vivant.

  • 6. A quoi êtes-vous particulièrement attentif dans votre activité ? (sol, biodiversité, auxiliaires…) ? Pourquoi ?

    Comme les terres se sont formées à partir des alluvions du Rhône, j’ai la chance d’avoir un sol de qualité. C’est très important. Et je travaille entre les ceps.

  • 7. Vous avez choisi d’adhérer à Mediterrabio. En quoi Mediterrabio est importante pour vous ?

    Avec Mediterrabio, on est un groupe de producteurs, on représente un potentiel important et une grande variété de fruits et légumes bio. Ensemble c’est plus facile de défendre nos produits, notre qualité, de faire la promotion de notre façon de travailler…

  • 8. En tant que paysan et membre de Mediterrabio, que souhaitez-vous dire aux consommateurs ?

    Que nos produits sont bio, naturels et faits dans le respect du sol, des auxiliaires…

  • 9. Qu’attendez-vous des consommateurs ? Quels retours attendez-vous du consommateur et par quel biais ?

    J’ai parfois des consommateurs qui m’écrivent, qui me parlent de mes produits, me demandent où ils peuvent les trouver (les jus) et cela me fait plaisir ; ça m’intéresse d’avoir leur avis, même s’il est critique pour améliorer ma qualité.