Frédéric Guichard

Frédéric Guichard est producteur bio à Lambesc (13). Installé en bio depuis 2002, il cultive des légumes plein champ et des céréales sur 36 ha. Son exploitation est contrôlée par Ecocert.

Interview

  • 1. Présentez-nous votre exploitation.

    La superficie de l’exploitation avoisine 35 ha. Les principales cultures sont les pommes de terre et les carottes, commercialisées de septembre à mars, alternées avec des engrais verts et des céréales destinées à la fabrication de farine biologique.

  • 2. Pourquoi avez-vous choisi d’être agriculteur?

    C’est un ensemble d’éléments qui m’ont conduit à abandonner mon ancienne activité professionnelle et à reprendre l’agriculture à la suite de mes parents, producteurs bio depuis le début des années 1980 : plaisir de vivre et travailler au contact de la nature, profiter d’un métier ancestral qui se renouvelle pourtant toujours.

  • 3. Quelles raisons vous ont conduit à passer en en agriculture biologique ?

    Outre l’exemple de mes parents, et ce qu’ils m’ont transmis, j’ai toujours considéré que l’être humain ne possède pas son environnement et doit respecter la Nature.

  • 4. Comment s’est passée la période de conversion ? (les étapes, les difficultés, le regard des autres, la commercialisation…)

    Il n’y a pas eu de période de conversion. J’ai débuté avec des terres à l’abandon depuis des années et j’ai été certifié dès ma première année grâce aux 3 ha que m’ont laissé mes parents à leur retraite.

  • 5. Parlez-nous de ce que l’agriculture biologique a changé pour vous, dans vos pratiques, dans votre façon de penser, dans votre vie.

    En ce qui me concerne, c’est un véritable art de vivre. J’associe mon métier à mon envie de travailler durement mais sainement ; j’ai l’impression d’être à ma place, un élément dans un système merveilleux qui me dépasse, mais que je veux utiliser et protéger en même temps.

  • 6. A quoi êtes-vous particulièrement attentif dans votre activité ? (sol, biodiversité, auxiliaires…) ? Pourquoi ?

    Si l’on veut que la Nature continue à nous nourrir, il ne faut pas l’épuiser mais la préserver. Le sol doit être enrichi par des apports réguliers de matière organique, de compost… Il faut éviter de maltraiter le sol avec des outils lourds en hiver pour ne pas le tasser exagérément ; il faut aussi avoir la rotation la plus longue possible avec des cultures variéés.

  • 7. Vous avez choisi d’adhérer à Mediterrabio. En quoi Mediterrabio est importante pour vous ?

    Je pense que ça peut être un bon moyen pour faire connaitre aux consommateurs l’origine des produits qu’ils achètent ; mieux connaitre les producteurs et leurs pratiques peut contribuer à créer un lien de confiance durable entre nous.

  • 8. En tant que paysan et membre de Mediterrabio, que souhaitez-vous dire aux consommateurs ?

    Il faut revenir à une économie plus locale ; il est aberrant d’avoir dans son assiette des aliments qui ont fait des milliers de kilomètres alors qu’on peut les trouver près de chez soi, frais et de saison.

  • 9. Qu’attendez-vous des consommateurs ? Quels retours attendez-vous du consommateur et par quel biais ?

    J’espère qu’à travers ce panorama de notre métier et de nos exploitations, ils auront envie de trouver un producteur près de chez eux ou du moins de vérifier dans les magasins l’origine des produits ; si l’on consomme « local », on encourage l’agriculteur, on évite la pollution et le gaspillage inhérents au système de la mondialisation.