Claude Reynaud

Claude Reynaud est producteur bio à Aubignan (84). Il cultive du raisin de table et des fraises sur une petite exploitation de 4,5 ha. Installé en agriculture en 1992, il est passé en bio dès 1994. Ses productions sont certifiées par Ecocert.

Interview

  • 1. Présentez-nous votre exploitation.

    Petite exploitation, tenue par mon grand père (vers 1930) et a progressé petit à petit
    Immigré de l’intérieur (de la Drome et ma grand-mère des Cevennes). Ils venaient ramasser les fraises à Carpentras et faire les vendanges. Ils se sont installés. Mon père a continué.
    Située pas loin de Carpentras, une parcelle qui résiste à l’urbanisation galopante.

  • 2. Pourquoi avez-vous choisi d’être agriculteur?

    Mon père avait pris la retraite et je me suis dit pourquoi pas ? J’avais 36 ans. J’étais dans la région, mais je ne voulais pas travailler en conventionnel.

  • 3. Quelles raisons vous ont conduit à passer en en agriculture biologique ?

    Je trouvais aberrant de travailler en chimie, par curiosité je pensais qu’on pouvait travailler autrement. Et pour ma santé, je voyais les méthodes qu’employait mon père, et l’horizon bouché. On arrivait au bout du système.

  • 4. Comment s’est passée la période de conversion ? (les étapes, les difficultés, le regard des autres, la commercialisation…)

    Assez facilement car je me suis converti en plantant de la vigne. Comme ça met 3 ans, c’était assez facile. Je continuais à faire du maraîchage en conventionnel, et petit à petit j’ai tout converti.
    Sur le plan commercial c’était pas facile, je faisais partie d’une coopérative, mais ils étaient surtout accès sur l’abricot. J’en suis sorti. Après j’ai travaillé directement avec ProNatura et d’autres structures locales. Je continuais à vendre en conventionnel, il y avait pas grand monde en bio et c’était pas facile de trouver l’information. Et après 3 ans, j’ai diversifié les productions et je menais presque tout à ProNatura.

  • 5. Parlez-nous de ce que l’agriculture biologique a changé pour vous, dans vos pratiques, dans votre façon de penser, dans votre vie.

    Je me sens plus fier de moi c’est valorisant, j’ai l’impression de travailler proprement.

  • 6. A quoi êtes-vous particulièrement attentif dans votre activité ? (sol, biodiversité, auxiliaires…) ? Pourquoi ?

    Je fais attention à tous ces points. Le sol doit être travaillé comme il faut. Les auxiliaires c’est la vie, ils luttent contre des parasites, ça évite de traiter avec des produits bio non sélectifs. Il faut laisser quelque chose de vivant derrière nous, il ne faut pas tout détruire.

  • 7. Vous avez choisi d’adhérer à Mediterrabio. En quoi Mediterrabio est importante pour vous ?

    Pour se différencier de l’agriculture bio « industrielle ». On veut pratiquer une agriculture bio qui soit durable avec une rotation des cultures, la diversité…

  • 8. En tant que paysan et membre de Mediterrabio, que souhaitez-vous dire aux consommateurs ?

    Je leur recommande de privélégier les petits magasins et les marchés bio. Evitez d’aller dans les discounts bio qui favorisent l’agriculture industrielle délocalisée qui appauvrit les gens et les sols.

  • 9. Qu’attendez-vous des consommateurs ? Quels retours attendez-vous du consommateur et par quel biais ?

    Qu’ils nous disent quand ils sont satisfaits ou pas, c’est plus facile dans les magasins bio.