Chritian Millischer est maraîcher bio à Beaucaire (30). Agriculteur depuis 1968, il a converti son exploitation à l’agriculture biologique en 1987. Contrôlé et certifié par Ecocert, il cultive une dizaine de légumes différents sur une surface de 16, 5 ha (serre et plein champ).
Interview
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1. Présentez-nous votre exploitation :
C’est une exploitation en un seul tenant de 16.5 ha, dont 3.2 ha sont couverts pour mieux sécuriser les cultures. Elle est sur des terres sableuses d’alluvions, situées dans la plaine de Beaucaire. Elle bénéficie d’une grande précocité et d’une importante tardiveté liées aux vents marins et au type de sol, mais le mistral froid peut retarder les cultures. Les terres conviennent tout particulièrement à la culture des carottes, radis, navets et choux tout en permettant une grande diversité avec d’autres cultures entrant dans les rotations. L’exploitation est particulièrement bien protégée du voisinage (canal, haies, route communale). J’ai acheté ces terres occupées par de la vigne en 19 82. J’y ai pratiqué de la culture conventionnelle en plein champ jusqu’en 19 87, date de passage au bio. J’ai commencé par des cultures bio d’asperges et de choux avant de monter des serres dès 1990.
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2. Pourquoi avez-vous choisi d’être agriculteur?
Mon père était agriculteur et j’ai longtemps travaillé avec lui. Je ne me voyais pas faire un autre métier.
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3. Quelles raisons vous ont conduit à passer en en agriculture biologique ?
Mon père pratiquait déjà ce mode de production dès les années 60. Je voyais déjà à l’époque des producteurs faire n’importe quoi, comme effectuer par exemple des traitements très rémanents avant récolte. J’étais soucieux de protéger la nature et j’ai reconverti l’ensemble de l’exploitation dés le départ.
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4. Comment s’est passée la période de conversion ? (les étapes, les difficultés, le regard des autres, la commercialisation…)
La rentabilité était faible car le choix d’intrants était beaucoup plus restreint qu’aujourd’hui et il y avait peu de moyens de lutte intégrée. Les débouchés avec mes premiers clients étaient insuffisants. Mes collègues agriculteurs conventionnels pensaient que je « m’embêtais pour rien ».
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5. Parlez-nous de ce que l’agriculture biologique a changé pour vous, dans vos pratiques, dans votre façon de penser, dans votre vie.
J’avais conscience de contribuer à la protection de l’environnement. Je me suis mis à consommer de préférence des produits bio pour mettre mon mode de vie en conformité avec mes idées et mes pratiques.
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6. A quoi êtes-vous particulièrement attentif dans votre activité ? (sol, biodiversité, auxiliaires…) ? Pourquoi ?
Je suis particulièrement attentif à la protection du sol en recourant notamment aux engrais verts et amendements organiques. Mon sol est sableux et calcaire et il me faut systématiquement rajouter de la matière organique. Les rotations de culture se font sur une dizaine de produits et chaque produit ne revient pas sur une même parcelle avant 3 ans, sauf le radis.
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7. Vous avez choisi d’adhérer à Mediterrabio. En quoi Mediterrabio est importante pour vous ?
Méditerrabio me permettra d’être connu et reconnu dans mon travail, au delà de ProNatura. Cela me permettra je l’espère, d’avoir des contacts avec les magasins bio spécialisés et les consommateurs (visite de mon exploitation, etc..), d’avoir des retours de leur part sur la qualité produite. Je compte aussi beaucoup sur un échange technique et variétal avec les autres adhérents de l’association, une meilleure maîtrise des coûts, etc..
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8. En tant que paysan et membre de Mediterrabio, que souhaitez-vous dire aux consommateurs ?
Les frais de culture sont tous les ans en augmentation (salaires, matériel végétal, intrants, frais de structure..) et je souhaite pouvoir continuer de vendre au juste prix me permettant de vivre de mon travail. Je souhaite donc que le reste de la filière, détaillants et consommateurs, soient informés des efforts que je fais pour produire la qualité. Je m’efforce de ne jamais mettre dans les colis des produits non conformes aux attentes des consommateurs.
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9. Qu’attendez-vous des consommateurs ? Quels retours attendez-vous du consommateur et par quel biais ?
J’attends des consommateurs qu’ils soient vigilants et achètent des produits dont l’origine et la qualité sont bien identifiées, en priorité des produits de saison cultivés le plus proche possible de chez eux.




















