Pourquoi j'ai adhéré à Bio Cohérence

A l’apparition de la nouvelle réglementation européenne, j’ai noté que cela n’apportait pas de changement sensible pour les productions de fruits et légumes.

Puis, lorsque j’ai été informé de la création de Bio Cohérence, je n’y ai vu qu’une taxe de plus.

Dans les mois qui ont suivi, à la lecture de certains articles de presse, j’ai compris que les changements imposés par la nouvelle réglementation européenne, masquaient en réalité une profonde transition de l’agriculture biologique telle qu’elle avait été pensée par les fondateurs des différents labels bio indépendants dans les années 70.

Déjà le logo AB imposé par Bruxelles en 1991 allégeait les règles librement acceptées par les agriculteurs bio des années précédentes (disparition des notions sociale, humaine et environnementale ).

L’évolution de la nouvelle réglementation européenne est de nature à faciliter grandement le passage au bio pour certains producteurs, distributeurs, transformateurs, semenciers, grands distributeurs, qui ne voient dans cette démarche qu’une opportunité économique.

L’adhésion à Bio Cohérence est, pour les agriculteurs et les intervenants sincères, un moyen de se désolidariser de cette dérive inquiétante dont on pourrait penser qu’elle ne constitue que les prémices de changements encore plus graves.

L’intérêt que les grands groupes semenciers transnationaux, les grandes coopératives de fabrication et distribution d’aliments pour le bétail portent à l’agriculture biologique est de nature à nous le laisser croire.

L’adhésion à Bio Cohérence me paraît donc une attitude nettement plus politique qu’économique. C’est pourquoi j’ai adhéré.

Jean-Marie Goret, arboriculteur bio à Saint Rémy de Provence